Archives
Orchestre
Membres
Histoire de la Guitare

Histoire de la Mandoline

Chapitre I : La mandoline dans l’histoire

A) Ancêtres de la mandoline

La mandoline telle que nous la connaissons aujourd’hui, est le fruit d’une évolution au fil des siècles. A l’origine, elle fait partie de la famille des luths.

Au 5ème siècle, des instruments en forme de luth apparaissent en Extrême Orient et en Chine. A partir du 9ème siècle, se développent des « zones d’influence arabe » en Italie et en Espagne. C’est donc vers le 12ème  siècle que les musulmans contribuent à la diffusion du luth en Europe. Le mot «ud» en Arabe signifie bois, c’est la racine du mot «luth».

Depuis toujours, les dénominations des instruments ancêtres de la mandoline varient suivant leur région et leur époque.

.

Nous avons par exemple:

Du 12ième siècle au 14ième siècle la « guitarra morisca » (4 doubles cordes)

Du 14ième au  15ième siècle la « quinterne » (4 doubles cordes)

Au 16ième siècle la « mandora lutina » (petit luth très apprécié au Moyen Age, plus que les grands luths entre le 12ème et le 15ème siècle) (4, 5,6 doubles cordes)

.

Au 16ième siècle le grand luth prend le dessus et c’est à partir de là que l’évolution de l’aspect de l’instrument va commencer, l’instrument prend alors le nom de mandore.

B) La mandoline milanaise

réplique d’une mandoline milanaise d’après Guiseppe Presbler (1769)

Accord (Sol, Si, Mi, La, Ré, Sol)

Malgré les multiples différences entre le petit luth et la mandoline milanaise, appelée aussi mandoline baroque de nos jours, on peut affirmer que sa forme et son accord aient été gardé de ces instruments anciens. On remarque quand même que les cordes de la milanaise sont attachés sur le chevalet (sur le bas de la table) – comme c’est le cas pour les luths Renaissance – et non sur le cordier (sur le dessous de l’instrument) (cf Illustrations A B C). Nombre de manuscrits nous renseignent sur la littérature musicale et la manière de jouer de cet instrument. Jusqu’au début du 18ième siècle toutes les compositions musicales étaient rédigées en tablature et non sur des portés à cinq lignes, comme nous le faisons de nos jours.

exemple d’écriture musicale

1)  Littérature entre 1600 et 1700

Les instruments et les manuscrits d’époque nous montrent à quel point le niveau musical est élevé. En cette période, les instruments à cordes pincées sont très appréciés par la haute société. Durant les grands mariages, ces instruments sont à l’honneur, comme par exemple au mariage de Fernando de Medici et la princesse de Lorraine où l’on interprète « la Pellegrina » de Girolamo de Bargagli, ainsi que les symphonies et les madrigaux de Malvezzi. On sait que 4 grands luths, 3 petits luths, 2 lyres, 2 harpes, 1 chitarrone, 1 cistre, 1 mandola, 3 violes y étaient joués entre autres.

C’est au début du 18ième siècle, que le luth connaît son apogée, la mandoline est le seul instrument à cordes pincées qui connaît la gloire par la suite.

L’apparition des mots «mandolino »-« mandola », date de 1598 : on retrouve ces désignations dans les compositions de Christofer Malvezzi.

Pour la mandoline milanaise on connaît aujourd’hui les compositeurs suivants:

Giovanni Pietro Ricci (Rome 1677); Tomaso Motta (1681 Milan); Matteo Caccini (1703); Piccone; Scarlatti D; Conti Francesco; Vivaldi (1678-1741).

2)  La mandoline milanaise durant son apogée entre 1790 et 1820

A partir de 1740, la mandoline milanaise connaît sont 1er déclin de popularité face à la mandoline napolitaine, accordée en quinte, et plus aimée par le public. C’est vers 1790 que des partitions écrites pour la mandoline milanaise réapparaissent à Vienne et dans les environs. Le choix des Viennois pour cet instrument est encore une énigme de nos jours. Il est difficile de trouver une réponse puisque à cette époque la mandoline milanaise et la napolitaine portent le même nom ; «  il mondolino » ou « la mandoline ».

Les compositeurs pour la mandoline milanaise que l’on retrouve à Vienne sont entre autres :

Giovannni Hoffmann; Giovanni  Francesco Giuliani; Vimercati (1779-1850) virtuose italien de Genova; Giuseppe Blesber; Conrad Schlick.

A partir de 1830 plus aucune partition pour la mandoline milanaise ne sera composée et cet instrument tombera peu à peu dans l’oubli. Ce n’est qu’au début du 20ème siècle que l’on retrouve quelques méthodes et partitions, datant des siècles précédants, pour cet instrument.

3)  Instruments d’époque

Mandolino Genovese (liutino) : 6 doubles cordes (Mi, La, Ré, Sol, Si, Mi)

réplique d’un Mandolone (mandoline basse) d’après J.Vinaccia 1773: 8 doubles cordes (Do, Ré, Mi, La, Ré, Sol, Si, Mi)

C) La mandoline napolitaine

mandoline napolitaine (Vinaccia), accord (Sol, Ré, La, Mi)

Mis à part la forme générale de l’instrument, la mandoline napolitaine diffère en quelques points par rapport à la mandoline milanaise. Les cordes sont attachées  au cordier, la table est inclinée sur la partie inférieure à partir du chevalet, tandis que la table de la mandoline milanaise est parfaitement plate. L’instrument passe de six doubles cordes à quatre doubles cordes. Le corps est légèrement plus bombé mais a un volume plus petit que la mandoline milanaise.

1)  Début 1700 jusqu’à 1750

Le maitre de mandoline Francesco Conti, désigne en premier dans sa méthode du début du 18ème siècle, un instrument avec le corps d’une mandoline napolitaine et les cordes attachées au cordier et accordés de la même façon que la mandoline napolitaine. A cette époque là, à Naples, on trouve différents modèles de mandoline qui ont déjà le même corps que la mandoline napolitaine, mais encore un accord différent, c’est-à-dire des instruments accordés en tierces et en quartes.

Les données dont nous disposons sur cette période – les instruments qui sont utilisés à Naples et les manuscrits – nous permettent aujourd’hui de supposer que la mandoline napolitaine, qui est accordée en quintes, c’est développée à partir des différentes  mandolines de cette époque.Ce qui a permis à l’instrument de donner l’aspect actuel des mandolines que l’on retrouve de nos jours.

C’est à partir de ce moment là que les joueurs de luth (habitués à jouer en quarte et en tierce) sont « dépassés ». En revanche les violonistes trouvent dans cet instrument une nouvelle opportunité d’évolution technique et musicale.

2)  L’ère glorieuse de 1750 à 1830 (période classique)

Au 18ième siècle, Naples est, avec ses conservatoires de musique, une ville incontournable pour le monde de la musique en Europe. A cette époque, la majorité des compositions sont écrites pour mandoline et basse continue, ainsi que des duos, trios, quatuors etc.…. Des grands maîtres comme A. Scarlatti, Jomelli, Paisiello, Sachini, De Majo écrivent pour la mandoline. D’autres compositeurs, moins connus à l’époque, ont également écrit pour cet instrument, comme Cecere, Barbella, Gervasio, Léone, D. Scarlatti. Guiliano…

manuscript de Gabriel Leone : 6 sonates op.2. (Londres : Brit. Library)

Vers 1760, le siècle des lumières est dans sa phase la plus active. La culture du bon goût, de la douceur et de la fantaisie est en plein essor. Le public parisien développe et propage  dans la société galante tout ce qui est merveilleux, émotionnel et doux. Parallèlement à la Cour Royale, se développe un nouveau monde musical. Des sociétés de concerts sont fondées, ainsi que les « Concerts spirituels », première institution indépendante (1725). Ces concerts se déroulent dans les salles du Louvre à Paris et gardent toujours un rapport avec la musique religieuse. Ils se produiront tous entre 1725 et 1790.

Les concerts privés dans les maisons et les salons de la noblesse jouent un rôle très important dans les relations entre les gens de la noblesse. En ce qui nous concerne, ces concerts privés marquent la naissance des salles de concert.

Un très haut niveau musical se développe dans ces salons. Les artistes italiens sont très demandés. C’est pour ces raisons que de nombreux virtuoses de la mandoline viennent s’installer à Paris. La mandoline est durant cette courte période un des instruments les plus adulés dans les salons parisiens.

Parmi les grands mandolinistes qui ont la possibilité de se faire écouter aux « Concerts spirituels », on retrouve Giovanni Cifonelli (en 1760, 4 fois), Gabriele LEONE (en 1762, 2 fois et en 1766, 4 fois), Melle Villeneuve (en 1770 et en 1771), Girolano (en 1763 2 fois). Le dernier concert spirituel aux tuileries est joué en 1784 par Giovanni Batista Gervasio, lui aussi mandoliniste.

Les maîtres de mandoline d’on-t-on vient de parler, exercent leur fonction souvent auprès des jeunes filles de la noblesse parisienne. Reprenons ici les maîtres de mandoline, cités dans les « tablettes de renommée » à Paris et à Lyon :

Jean Foucquet (Fouchetti) Pietro Denis

Fridzeri

Giovanni Batista Gervasio

Gabriele Leone

Carlo Sodi

Cifonelli

premières pages des méthodes de mandoline G. Leone et P. Denis

De nos jours on dénombre 6 méthodes du 18ème siècle :

Giovanni Fouchetti (1760, 1770 Paris et Bonn)

Giovanni Batista Gervasio (1767 Paris)

Gabriele Leone (1768, 1773 Paris, Londres 1785)

Pietro Denis (1768 Paris, 1782 Paris et Lyon)

Michel Corrette (1772 Lyon et Paris)

Bartolomeo Bortolazzi (1805 Leipzig ; édition française Paris)

A part ces méthodes, des milliers d’œuvres manuscrites et publiées sont conservés dans les bibliothèques européennes : à Paris, en Italie, à Londres, en Allemagne, en Suède,…

A la fin de l’ère classique vers 1789, la grande majorité des mandolinistes perdent leur emploi auprès de la noblesse parisienne et doivent retourner dans leur pays d’origine. La  vie galante disparaît avec le début de la révolution française. La noblesse disparaît, les concerts sont abandonnés. Certains mandolinistes, tel que G. Leone, partent à Londres. Il y fait quelques concerts et ses sonates y sont imprimées. A cette période on retrouve l’instrument en Espagne et également au Portugal.

Apres la révolution française (entre 1790 et 1820), les mandolinistes italiens rentrent chez eux. Une nouvelle génération de mandolinistes s’établit à Vienne au début du 19e siècle. A cette époque, Vienne jouit d’une grande popularité dans la vie musicale. De grands compositeurs  tels que Mozart  Beethoven, Hummel écrivent pour la mandoline.

A partir de 1830 on ne retrouve plus aucune trace de la mandoline. Aucune méthode ni aucune composition ne sont écrites. La mandoline et ses techniques ne peuvent s’imposer dans cette nouvelle ère, celle des grands orchestres et des grands coups d’archet. Entre 1830 et 1869 aucun témoignage ne subsiste. Nous supposons que l’instrument a survécu à travers la musique folklorique. Une nouvelle façon de jouer se développe : le TREMOLO.

3)  L’époque romantique (1860 à 1935)

Une nouvelle vague de virtuoses italiens voit le jour en Europe : Raffaele Calace (1863-1934), Carlo Munier (1859-1911), Silvio Ranieri (1882-1956), Pettine, Marucelli etc.…. De nombreuses méthodes apparaissent dont les plus importantes sont celles de Calace, Ranieri et Munier. A partir de là, la technique de base sera le tremolo.

La technique du tremolo consiste à répéter très rapidement une même note avec le plectre. Avec cette technique, certains croient pouvoir obtenir sur la mandoline des notes tenues comme sur un instrument à vent ou à archet. Mais l’oreille étant un organe extrêmement sensible, il ignore le phénomène de la persistance des sons comme nous l’avons pour les répétitions des images avec notre œil. C’est une des grandes causes de la décadence de la mandoline qui ne peut faire face à ces instruments « forts ». Cependant, la technique du trémolo se répand tellement que, de nos jours encore, on conçoit difficilement que la mandoline puisse être jouée d’une autre manière. Enfin, il ne faut pas négliger le fait que le trémolo a trouvé un sens véritable et un caractère personnel dans la chanson napolitaine.

Raffaele Calace avec un lieuto moderne

4)  Phénomène orchestre

Orchestre de mandolines « Edelweiss » (Esch-sur-Alzette) dans les années 1930

C’est en 1870 qu’apparaissent les 1ers ensembles à plectre en Europe. L’un des 1ers fut créé en Italie dans la région de Perugia. Parallèlement un autre phénomène apparaît en Espagne : les estudiantinas. Composés de mandolines, violons, guitares, bandurrias, ces ensembles sont, comme leur nom l’indique, composés d’étudiants d’université. Chaque université a son estudiantina. C’est en 1878 pendant l’exposition universelle à Paris qu’une estudiantina émerveille le public. Beaucoup d’orchestres en France sont créés sur ce modèle et même une revue est fondée, portant le nom d’estudiantina.

Durant cette même période, en Allemagne, les premiers orchestres de mandolines apparaissent. Le plus important fut celui de Berlin sous la direction de Carl Henze. Le principal but de ces orchestres est socio culturel. Il assagit ici de construire un nouveau monde culturel accessible à tous et non de le laisser à un certaine classe aisée.

Ces orchestres s’approprient le répertoire du violon ou tout du moins certains répertoires d’ouvrages ineptes, insignifiants, adaptés aux techniques de l’instrument et des instrumentalistes dotés d’oreilles peu sensibles. Le résultat est facile à imaginer pour des musiciens expérimentés.

Vu qu’entre 1820 et 1870 plus aucune composition ni aucune méthode n’est écrite, on imagine bien le fossé entre l’ère classique et cette nouvelle ère. Aucun lien, aucune technique ne se rapproche du haut niveau atteint quelques décennies auparavant. Rien du patrimoine de l’ère classique n’est connu à l’époque des grands orchestres de mandolines. Une approche folklorique et populaire se crée.

Il s’en suit un grand aplanissement  de la technique et du répertoire musical. Il en résulte que par sa popularité, l’instrument perd, peu à peu, de son identité propre et une impossibilité d’évolution de la musique. A la fin du 19ème  siècle « l’instrument du peuple » disparaît jusqu’à en devenir inconnu du grand public.

D) La mandoline de nos jours

Au début du 20ème siècle l’étiquette de l’« instrument du peuple » ou du « violon du pauvre » s’estompe peu à peu grâce à la recherche et à l’importance des découvertes faites sur l’instrument et des techniques de jeu datant de l’époque glorieuse de cet instrument. Vers 1930 une première tentative, encouragée par le pédagogue Konrad Wölki, pour la redécouverte du jeu du 18ème siècle est lancée, tout en essayant de créer un lien avec la musique du 20ième siècle. L’idée ne portera ses fruits seulement vers 1970, grâce au célèbre guitariste Siegfried Behrend, et la célèbre mandoliniste et pédagogue Marga Wilden-Hüsgen, qui travaillent étroitement avec les meilleurs mandolinistes.

De nombreux compositeurs s’intéressent désormais à cet instrument : Konietzny, Baumann, Erdmann, Wengler etc.…

1979 est une date importante pour la mandoline. Elle marque la création de la première classe de mandoline, dirigée par Marga Wilden-Hüsgen à la « Musikhochschule » de Cologne. C’est la première classe qui est ouverte pour cet instrument dans un conservatoire en Europe. Cette date marque le début d’une renaissance fulgurante de la mandoline dans notre époque et permet une évolution, autant dans la musicalité que dans les techniques de l’instrument. Cette classe permet à certains compositeurs de trouver un nouvel intérêt dans l’écriture et de se mettre à composer pour la mandoline. Après quelques années, d’autres professeurs permettent l’ouverture et un développement des classes en Europe et ont apporté du renouveau dans l’enseignement. Un bon nombre de classes de haut niveau s’est développé à travers le monde, comme au Luxembourg depuis 1992, en Espagne, en France (à Toulouse), aux Pays-Bas, en Italie, au Japon etc.….

C’est le début de l’explosion culturelle de l’instrument dans notre siècle. Le niveau de jeu technique et musical augmente d’année en année. La mandoline se professionnalise à travers le monde.

Prof. Marga Wilden-Hüsgen lors du « Rendez-vous mandolines et guitares »

à Mersch en mai 2008

 

 

Muñoz, J. C. (1995). Séminaire sur la mandoline. non publié.

Wilden-Hüsgen, M. (1989). Die Barockmandoline. Ed. Theo Hüsgen.

Chapitre II : La mandoline et ses compositeurs

Giovanni Pietro RICCI (17ème siècle)

Compositeur italien de Rome du 17ième, il a composé une « sonate di mandola ».

Tomaso MOTTA (17ème siècle)

Compositeur italien de Milan du 17ième siècle qui a composé pour la mandoline : « Armonica cappricio di sonate musicale de mandola » en 1681

Matteo CACCINI (debut 18ème siècle)

Compositeur italien qui a écrit 12 pièces pour mandoline solo.

PICCONE

Compositeur italien du 18ième siècle. Il a notamment écrit pour la mandoline la symphonie pour mandole et basse continue, un divertimenti et une sonate pour 2 mandolines et basse.

Domenico SCARLATTI (Naples 1685 – Madrid 1757)

Son père, le compositeur Alessandro Scarlatti, l’initie très vite à la musique. Nommé à 16 ans organiste et compositeur à la Chapelle Royale de Naples, il voyage à Florence, à Venise, et est nommé en 1709 maître de chapelle à Rome. Après une quinzaine d’opéras et un voyage à Londres en 1719, il entre au service de Jean V à Lisbonne. Maître de musique de l’infante Maria Barbara, il la suit à Madrid en 1733, et publie les trente premières de ses 555 Sonates pour clavecin, à l’écriture extrêmement étrange et inventive ; parmi celles-ci, cinq sont pour instrument de dessus et basse continue, dont deux au moins (K.88 et 89) pour mandoline et clavecin.

(www.ensemble-gabriele-leone.org)

Francesco CONTI (1681 ?- 1732)

Maître de mandoline. A son époque il publie notamment une méthode « scola di lieutino o sia mandolin Genovese » ainsi qu’une Cantata avec mandoline  et une sonate.

Antonio VIVALDI (Venise 1678 – Vienne 1741)

Son père, le violoniste Giovanni Battista, membre de la Chapelle Ducale de Saint-Marc était un des temples de l’avant-gardisme musical. Il destine le jeune Antonio à la prêtrise pour donner à son enfant une éducation soignée, pour lui garantir une place à Saint-Marc ou dans un des « Ospedali » de Venise. Malade d’une déficience respiratoire depuis la naissance, Antonio Vivaldi sort des ordres en raison d’un aggravement de sa maladie. On se demande comment, avec sa santé, il a pu assumer son métier de musicien, virtuose, d’imprésario, de compositeur et de professeur. Il reste un personnage assez mystérieux pour nous, puisque que peu de témoignages nous sont connus.

Personnage très nerveux, émotif, il a une « furia » que l’on retrouve dans ses compositions. Il déborde d’idées musicales et son art se trouve entre l’impétuosité du violoniste virtuose et la science parfaite du contrepoint.

Il compose trois concertos pour mandoline, instrument très prisé par la noblesse italienne de l’époque. La publication du recueil l’ « Estro Armonico » (op.3) pour 4 violons, 2 altos, violoncelle et basse continue est l’un des événements musicaux les plus marquants de l’époque en Europe. Bach lui-même a transcrit cinq d’entre eux, dont le numéro 10 pour quatre violons qu’il a réécrit pour quatre clavecins.

Toutes ces œuvres pour mandoline sont arrangées de telle façon qu’on peut les interpréter à la mandoline milanaise ou a la napolitaine.

Valentin ROESER (Allemagne vers 1735 – Paris vers 1782)

Clarinettiste, il vient à Paris vers 1762 où il est le maître de musique du Prince de Monaco, puis du Duc d’Orléans. Il vit à Paris jusqu’à sa mort vers 1782. Il compose surtout des œuvres symphoniques ainsi que des pièces et plusieurs méthodes pour instruments à vent. Ses six trios opus 3 « pour deux violons et basse, qui peuvent s’exécuter sur la mandoline » sont dédiés au Duc de Chartres, fils de son protecteur, le Duc d’Orléans, qui avait appris la mandoline avec Gabriele Leone.

Wolfgang Amadeus MOZART (Salzbourg 1756 – Vienne 1791)

Dès l’âge de 3 ans, Mozart manifeste d’exeptionnelles dispositions musicales, assistant avec intérêt aux leçons de sa soeur et cherchant à son tour sur le clavecin « les notes qui s’aiment ». Aussitôt que son père découvre son instinct musical infaillible, sa mémoire prodigieuse, la finesse et la justesse absolue de son oreille, il décide d’en faire un musicien et de se consacrer à son éducation. Wolfgang n’a pratiquement pas d’autre maître. C’est à Milan que Mozart fait la connaissance de deux compositeurs qui exercent une profonde influence sur lui: Giovanni Battista Martini (1706-1784, qui lui donne quelques leçons d’harmonie et de contrepoint) et Nicolas Piccini (1728-1800) qui a aussi composé pour mandoline.

Pour la mandoline, Mozart compose deux « Lieder » vers 1780, ainsi que la Sérénade de Don Giovanni (« Deh vieni a la finestra ») en 1787, où la mandoline joue l’accompagnement avec une technique qui est décrite dans de nombreuses méthodes de l’époque. W. A. Mozart devait certainement avoir une bonne connaissance de la technique de la mandoline puisque ces pièces sont écrites dans un style et dans une technique très à la mode à cette époque. Son ami Kucharz est professeur de mandoline de la princesse Clary de Prague. Ce dernier joue même la partie de la canzonetta de « Don Giovanni » la première représentation à Prague. Les archives de la princesse contiennent d’ailleurs des pièces écrites par Beethoven, Barbella, Gervasio et Léone. Grâce aux trouvailles des méthodes chez les élèves et les amis des compositeurs, on peut déduire avec certitude, que la manière de jouer des mandolinistes à Vienne, était dans le style des maitres de mandoline italiens.

Emanuele BARBELLA (Naples 1718 – Naples 1777)

Dès l’âge de 7 ans, il étudie le violon, d’abord avec son père, puis auprès de Zaga et de Bini. En composition, il est élève de Cabbalone et de Leo. Bon violoniste, compositeur et professeur réputé, doté de beaucoup d’humour, il affuble ses compositions de titres à programmes et d’indications de tempo fantaisistes… Il a surtout écrit, hormis un opéra et quelques concertos, de la musique de chambre pour violon et pour mandoline, dont une partie a été éditée par Gabriele Leone. Ce compositeur est l’un des plus prolifiques pour la mandoline au 17ième siècle, et on trouve des manuscrits de ses œuvres un peu partout en Europe.

(www.ensemble-gabriele-leone.org)

Giovanni Batista GERVASIO (vers 1725 – après 1785)

Maitre de mandoline à Vienne au 18ième siècle, il édite une méthode pour mandoline ainsi que « Sonate Sinfonie » pour 2 mandolines/basse et des duos.

VANHALL

Virtuose de la mandoline napolitaine à Vienne au 18ième siècle, il compose pour son instrument des duos, trios et divertimentos pour mandoline et mandolone.

Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827)

Compositeur hors pair, Ludwig van Beethoven  a marqué l’histoire de la musique. S’affranchissant des règles classiques, il ouvre de nouvelles perspectives dans la composition musicale et jette les bases du romantisme. Son tempérament fougueux, son don pour l’improvisation et son incroyable capacité à composer, alors qu’il a perdu l’ouïe en font un personnage de légende.

Ludwig van Beethoven est né en Allemagne, en décembre  1770. Son père, lui-même musicien, rêve d’en faire un Mozart et l’aurait obligé à pratiquer le clavier dès quatre ou cinq ans. Même si le jeune Ludwig n’est pas un enfant prodige, il présente d’excellentes dispositions musicales. Son père lui donne une éducation musicale qui est ensuite complétée par le compositeur Neefe. Celui-ci est déjà convaincu qu’il deviendra un grand homme.

En 1787, grâce à l’aide du Prince Maximilian Franz, Beethoven part à Vienne, le foyer de la vie musicale de l’époque. Il y rencontre Mozart mais on sait peu de choses de leur rencontre. Il retourne en urgence à Bonn au chevet de sa mère mourante. Elle décéde le 17 juillet 1787. Son père sombrant dans l’alcoolisme, Beethoven doit prendre en charge ses deux frères. De 1789 à 1792, il est violoniste à l’Opéra de Bonn.

Beethoven retourne à Vienne en 1792, afin de parfaire son éducation musicale. Il prend des cours auprès d’Haydn, puis d’Albrechtsberger et Salieri. En 1796, Ludwig van Beethoven effectue un voyage à Prague avec le prince Lichnowsky. Au cours de son séjour, il est introduit par le prince auprès de la noblesse de la métropole musicale de Bohème. Il y fait la connaissance de la Comtesse Joséphine Clary, qui est elle-même très douée pour la musique et possède une voix magnifique. En outre, elle joue la mandoline avec beaucoup de maîtrise. Son maître n’était autre que Johann Baptiste Kucharz, ami très proche de Mozart. Beethoven dédie à la comtesse quatre pièces pour mandoline napolitaine et clavecin. Ces pièces sont tout à fait dans l’esprit de l’époque, d’une facture proche de la chanson, mais très expressives. La signature du grand maître se révèle dans ces compositions mineures. C’est avec un talent consommé que Beethoven utilise les techniques d’arpèges à plusieurs voix, typique de l’art de la mandoline au 18ième siècle. Il y a tout lieu de croire qu’il s’est familiarisé avec toutes les possibilités techniques et musicales de la mandoline grâce à son ami Wenzel Krumpholz, virtuose de la mandoline et du violon.

Dans « Andante con variazioni » en Ré Majeur, il épuise toutes les possibilités de variations instrumentales et assigne aux deux partenaires tantôt le rôle de soliste, tantôt celui d’accompagnateur. La transcription pour clavecin à la guitare renforce l’intensité musicale de cette œuvre de chambre, sans pour autant lui faire perdre de sa légèreté.

Au final L.V. Beethoven écrit trois compositions pour mandoline avec guitare, quatre pièces  pour mandoline et piano/cembalo, un « Adagio ma non tropo » en Ré majeur, une sonatine en Do majeur et une sonatine en Do mineur pour mandoline et piano.

(Référence : www.linternaute.com)

Manuscript de L.v. Beethoven

Johann HOFFMANN (actif à Vienne vers 1800)

Virtuose de la mandoline lombarde (à six cordes accordées en quartes (image ci-contre)), il a laissé pour cet instrument de la musique de salon en manuscrit qui est conservée à la Bibliothèque de la Gesellschaft der Musikfreunde à Vienne ; ce fonds comprend un concerto, des duos pour deux mandolines, une sérénade pour mandoline et alto, des sonates pour mandoline et basse et des trios et quatuors pour mandoline, violon, alto et violoncelle. Il a également fait imprimer en 1799 trois duos difficiles pour mandoline et violon ; il vivait encore à Vienne en 1812.

(www.ensemble-gabriele-leone.org)

.

Giovanni  Francesco GIULIANI (1760-1820)

Compositeur italien installé à Vienne au 18ième siècle. Il compose une multitude de quatuors, des sonates, duos et des nocturnes pour la mandoline.

Jean FOUCQUET (FOUCHETTI)

Il fait partie des grands maîtres de mandoline cités dans les « tablettes de renommées » à Paris et à Lyon. Il édite une méthode pour mandoline, mais aussi des duos et un recueil de jolis airs avec 2 mandolines et des sérénades.

Gabriele LEONE (Naples vers 1735 -après 1768)

Il est l’auteur de la méthode pour mandoline la plus complète du 18ième siècle, et tellement appréciée, qu’à Lyon elle est épuisée au bout de 2 mois. Sa méthode est traduite en 2 langues et reste la référence en matière d’enseignement pour mandoline à son époque. Il se produit de nombreuses fois à Londres (1762 -1763) et au « Concert Spirituel » à Paris (1760 -1766) où, selon un critique de l’époque, « il joue avec beaucoup d’habileté ». Il a pour élèves d’autres maîtres de mandoline connus, comme Jean Fouquet par exemple, et le Duc de Chartres, futur Philippe Egalité. Il publie plusieurs recueils de duos pour violons ou mandolines et deux recueils de 6 sonates pour mandoline et basse, qui contiennent les difficultés techniques les plus incroyables (et rarement exploitées en musique contemporaine!).

(www.ensemble-gabriele-leone.org)

FRIDZERI

Faisant partie des maîtres de renommé dans le monde de la mandoline, on a retrouvé 6 sonates datant de 1771 et un concerto pour mandoline composé par Friderizi.

Pietro DENIS

Il fait également partie des grands maitres de la mandoline de son époque. Il rédige une méthode ainsi qu’un recueil d’airs avec chant en 3 volumes.

Carlo SODI

Virtuose et mandoliniste dans la comédie italienne, il compose un concerto pour mandoline en 1750.

CIFONELLI

Maître de mandoline italien dans la 2ième  moitié du 18ième siècle, il compose un nocturne pour mandoline et basse ainsi que des airs pour mandoline en1781. Il publie une méthode qui malheureusement de nos jours, à disparue. Nous avons juste l’annonce de la publication de la méthode dans les journaux en 1764.

.

Raffaele CALACE (Naples 1863 – Naples 1934)

Raffaele Calace est né à Naples le 29 décembre 1863 et meurt en cette même ville le 14 novembre 1934. Il est sans doute l’un des personnages les plus importants de l’histoire de la mandoline, par son activité en tant que luthier, virtuose, compositeur, éditeur et pédagogue. Son père Antonio (1828-1876) reprend l’atelier de fabrication de guitares créé en 1825 par le grand-père Nicola (1794-1869) dans la région de Naples, et étend le catalogue aux mandolines et aux luths lorsqu’il s’installe à Naples vers 1850. C’est également à cette époque qu’apparaissent les cordes en acier, les chevilles mécaniques (Pasquale Vinaccia vers 1835?) et diverses autres modifications (allongement de la touche, rétrécissement de la largeur du manche par Luigi Embergher vers 1870 ?) qu’il est aussi difficile d’attribuer aux luthiers napolitains qu’à leurs concurrents romains.

A la mort de leur père, Raffaele et son frère aîné Nicola-Maria reprennent l’affaire familiale, deviennent les premiers exportateurs italiens de mandolines et guitares et prennent des brevets sur la mandolyre (cf. image ci-contre), instrument à corps hémisphérique doté de deux bras à la manière de la lyre antique, très en vogue vers 1900 et construit par de nombreux luthiers dont Césolari.

Vers 1880, il étudie la composition au Conservatoire de Naples auprès de Paolo Serrao et de Francesco Ancona ; en 1889, il fonde une maison d’édition (principalement pour éditer ses propres oeuvres) ; en 1890, les deux frères fondent un Cercle Mandoliniste dirigé au début par Nicola, puis par Raffaele et sa fille Maria ; entre 1890 et 1899 naissent cinq enfants : Vincenzo (pianiste, directeur adjoint du Conservatoire de Milan), Maria (première mandoline du Quatuor Calace), Vittoria (pianiste du Trio Calace), Eleonora et enfin Giuseppe (mandole du Quatuor Calace (cf. photo ci-contre), mandoloncelle du Trio Calace)

C’est en 1902 que paraît la Méthode pour Mandoline en 6 volumes (op.37 à 42), en version bilingue italien-français. Cette méthode, qui commence par le b-a-ba pour mener à la plus grande virtuosité, est sans doute -avec celle de Carlo Munier- la plus complète existant actuellement. Les tonalités les plus fréquentes chez Calace sont celles qui sonnent le mieux sur la mandoline, à savoir Ré Majeur, Sol Majeur, La Majeur, sol mineur et la mineur. La guitare est en général réduite au rôle d’accompagnement, le piano bénéficie en plus de quelques contrechants que l’on retrouve à la seconde mandoline ou à la mandole dans les pièces pour orchestre ou quatuor. D’autre part, la musique se veut impressionniste (c’est d’ailleurs l’autre titre du Moment Lyrique op.145), mais on reste quand même loin d’un Debussy que Calace admirait.

(avosplumes.plectra-music.net)

Carlo MUNIER (Naples 1859 – Florence 1911)

Petit neveu de Pasquale Vinaccia, luthier membre de la famille illustre qui a produit les meilleures mandolines des 18ème et 19ème siècles, il commence l’étude de la mandoline avec Carmine de Laurentiis. Il achève à 19 ans ses études musicales par un premier prix de composition. Il crée en 1890 un premier quatuor à plectre où il joue le mandoloncelle et avec lequel il se produit jusqu’à sa mort. Victor-Emmanuel III, roi d’Italie, apprécie particulièrement Munier en solo. Il écrit plus de 350 œuvres, dont une méthode de mandoline et des études progressives qui comptent parmi les meilleures pour cet instrument.

(www.ensemble-gabriele-leone.org)

Siegfried BEHREND (1934-1990)

Guitariste allemand ayant fait des tournées dans le monde entier, il s’est intéressé à l’orchestre à plectre et a fondé le « Deutsches Zupforchester », composé des meilleurs instrumentistes d’outre-Rhin. Il compose également de nombreuses œuvres pour ce type de formation (orchestre de mandolines, mandoles et guitares), dont le « Concerto Espagnol », souvenir de ses nombreux voyages au pays d’origine de la guitare et hommage au flamenco.

(www.ensemble-gabriele-leone.org)

Heinrich KONIETZNY (Gleiwitz 1910 – Dudweil 1983)

Il étudie le violon avec Scherzer à Breslau, et devient à 18 ans violon solo de l’Orchestre Philharmonique de Silésie. Un accident l’oblige deux ans plus tard à se tourner vers la composition, qu’il étudie avec Hindemith et Distler. Prix de Rome en 1963, il compose pour tous types d’instruments : 6 symphonies, des concertos, de la musique vocale. Il écrit de la musique dodécaphonique et prête une grande attention aux timbres de la mandoline.

(www.ensemble-gabriele-leone.org)

Claudio MANDONICO (né à Brescia en 1957)

Il étudie la composition avec Giancarlo Facchinetti, et compose des pièces pour divers groupes instrumentaux, et plus particulièrement pour orchestre à plectre depuis quelques années. Il dirige actuellement l’orchestre de mandolines et guitares « Città di Brescia » et est membre de l’ensemble de musique ancienne « Paride e Bernardo Dusi ». Son style associe l’inspiration de la musique de jazz à des formes classiques.

(www.ensemble-gabriele-leone.org)

Chapitre III : Histoire de la mandoline à travers la peinture et la sculpture

C’est aussi à travers de nombreuses œuvres d’art que l’on peut voir l’évaluation de l’instrument à travers les différentes époques. Les peintures et sculptures présentées ici ne représentent qu’une sélection. Il serait impossible de rassembler toutes les représentations de la mandoline et de ses ancêtres qu’on peut trouver à travers l’histoire de l’art.

Cette miniature du 10ième siècle représente deux musiciens jouant d’un instrument de la famille du luth. L’époque nous permet de dire qu’il doit s’agir des premières représentations de l’instrument puisqu’il est arrivé vers le 10ème siècle en Europe. Ces dessins sont issus de manuscrits religieux destinés au chant chrétien de l’époque.

Au 14ème siècle on peut trouver des statues représentants des personnages jouant de la quinterne. Généralement ces décorations se trouvent dans les lieux de prière sur les tête de pilier des bâtiments.

.

Reconstruction d’une quinterne du 14ème siècle.

« La madone au buisson des roses »

Lochner, Stefan (1410-1451)

Nous apercevons dans cette représentation deux luths de taille différente. On peut supposer qu’ils utilisaient des plectres (en plume). Cette peinture dans le style gotique se trouve à Cologne.

Détail de « Le triomphe de Venus ». Peint en 1470 par Francesco Del Cossa, il représente par les instruments de musique l’amour et les délices charnels. On peut y distinguer deux petits luths renaissance.

Détail du triptyque « les anges musiciens » de 1490 par Hans Memling. Les luths qui sont joués avec les doits, sont, comme les autres instruments à cordes (sonorité faible) mis sur les cotés. Tandis que les instruments à vent se trouvent au milieu.

« Sainte Cécile avec l’ange » peinture de 1610 de Carlo Saraceni. Cette peinture du style baroque nous montre Sainte Cécile, la sainte patronne des musiciens, jouant du grand luth.

.

Caricature du 17ème siècle de Jacques Callot où l’on peut apercevoir un instrument se reprochant de la mandoline

.

« Nature morte à l’échiquier » de Lubin Baugin (17ième siècle). Cette peinture évoque les 5 sens : le gout, l’odorat, le toucher, la vue et l’ouïe représentée par le luth.

.

«L’ouïe», détail, 1617

Brueghel, Jan le vieux (1568-1625) et Rubens, Peter Paul (1577-1640)

Parmi les instruments on peut distinguer un petit luth, qui se rapproche déjà de la forme de la mandoline milanaise.

.

« Jeune femme à la mandoline » de Tiepolo, Giovanni (1696-1770).

Nous retrouvons ici une mandoline milanaise tenue par une jeune femme en train d’accorder son instrument.

La « Jeune fille jouant de la mandoline » de Johann Heinrich Tischbein, date de 1772. Elle nous confirme que la mandoline était un instrument très appréciée par les jeunes filles de l’aristocratie du 18ième siècle. On peut très bien y distinguer la plume que la jeune fille utilise comme plectre.

Le « Portrait de André-François-Benoit-Elisabeth Leberthon, vicomte de Virelade »  a été dessiné par Pierre Lacour. Il y représente le vicomte jouant de la mandoline napolitaine. Cette peinture date de la fin du 18ième siècle et nous montre encore une fois que la mandoline était un instrument très en vogue à l’époque.

« Portrait of Frederic Prince of Wales, and his sisters » par Philippe Mercier. Ce portrait de 1733, nous montre que la mandoline – ici une madoline milanaise- est également appréciée par la noblesse anglaise au 18ième siècle. Elle montre aussi que la mandoline milanaise et la mandoline napolitaine co-existaient à une certaine époque.

Ce portrait de Madame de Pomadour (1721-1764) par François Hubert Drouais laisse apercevoir une mandoline au pieds de la maîtresse officielle de Luis XV.

«Louis de la Bretèche» 1769

Fragonard, Jean-Honoré (1732-1806)

La « joueuse de mandoline » est un automate tés étonnant. Il se déplace, joue de la mandoline et bouge la tête. La mandoline représentée possède 6 cordes. Il date de la fin du 18ième siècle et est exposée au Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris.

« Soirée de festival d’octobre devant les murs de Rome » (1839) par Wilhelm Nicolai. C’est une mandoline napolitaine qui y est représenté.

Mais même pendant l’époque ou la mandoline disparaît des salles de concert avant de connaître une renaissance pendant l’ère romantique, l’on retrouve des peintures qui nous montrent que l’instrument ne tombe pas complètement dans l’oubli.

« A Sweet Melody » par Jon Frederik Portieje en 1850. C’est une mandoline napolitaine qui y est représentée.

« Die Mandolinenspielerin » par Anselm Feuerbach (1829-1880). Ici aussi on retrouve une jeune femme tenant une mandoline, même si ici, il s’agit d’une mandoline milanaise.

« Jeune fille à la mandoline » Cette peinture croate de Vjerkoslav Kara date de 1844. Elle nous permet d’affirmer que l’instrument c’est rependu dans toute l’Europe.

Le peintre pré-impressioniste Jean-Baptiste Camille Corot introduit l’instrument plusieurs fois dans ses toiles. Reprenons ici trois de ces toiles qui se ressemblent toutes. Elles montrent des jeunes filles dans l’atelier du peintre, tenant une mandoline.

« L’atelier de Corot »

1855

 

 

« Jeune fille à la mandoline dans l’atelier »

1870-1872

« L’atelier »

1856.

Le « Chanteur florentin du XVe siècle » de Paul Dubois (1865) se trouve au Musée d’Orsay à Paris. Le titre que l’artiste donne à son œuvre ne correspond pas à la forme de l’instrument présenté. La mandoline napolitaine n’existait pas sous cette forme au 15ième siècle.

Même dans la très courte histoire de l’art au Luxembourg retrouve-t-on une œuvre représentant une mandoline. Cette toile est intitulée « Joueur de mandoline » (1894) par le peintre Jean-Pierre Huberty.

Avec cette peinture de 1889 intitulée « Mandoline » de Berthe Morisot, nous arrivons dans l’ère de l’impressionnisme. Les techniques d’expression picturale ont changé avec le temps, mais l’instrument reste toujours à l’honneur.

Paul Gauguin, représente, dans sont « Etude de nu (Suzanne cousant) » de 1880, une mandoline en arrière fond. Ce qui pourrait nous laisser croire que l’instrument est devenu plus populaire que par le passé. On retrouve la mandoline aussi dans d’autres peintures du célèbre représentant du symbolisme, comme par exemple « Nature morte avec mandoline » (1885) ou « Mandoline sur une chaise » (1880).

Mais aussi le très célèbre impressionniste Pierre Auguste Renoir (1841-1919) nous a laissé une toile intitulée « Femme à la mandoline ».

La peinture énigmatique « La tzigane qui dort » de Henri Rousseau date de 1897.

Mais aussi le cubisme inclut de nombreuses fois la mandoline dans ses chef-d’œuvres. Cette peinture de Georges Braque de 1910 « La mandola » en est un très bon exemple.

« Femme avec mandoline » de 1916 par Juan Gris.

Pablo Picasso (1881-1973)

photo du grand peintre à côté de son instrument favori dans son atelier. Vu la taille, il doit s’agir d’une mandole ou d’un mandoloncelle.

« Femme à la mandoline » 1909 (cubisme analytique)

.

« Jeune fille à la mandoline (Fanny Tellier) » 1910 (cubisme analytique)

« Instrument de musique » 1912. Sujet Lyrique cherchant à trouver l’harmonie des formes et des couleurs.

« Mandoline et clarinette » 1914 (cubisme synthétique) C’est une structure faite en bois.

« Mandoline et guitare »1924

« Nature morte à la galette » 1924

« Femme à la mandoline » 1925

« Livre, compotier et mandoline » 1925

« La bouteille de vin »1925-1926

« Instruments de musique sur table » 1926

Cette infime partie de l’œuvre de Pablo Picasso sur la mandoline nous montre à quel point ce grand artiste devait apprécier cet instrument. Son art reste malgré tout peu connu du grand public mais il restera l’un des plus avant-gardistes et des plus impressionnants artistes du 20ième siècle.

 

 

 

Salvador Dali (1904-1989)

« L’énigme sans fin » 1938 cette peinture nous mène dans l’ère du surréalisme. L’oeuvre est décomposable en philosophe couché, cyclope, chien, mandoline, compotier. C’est à l’observateur de chercher les réponses au travers de l’art.

« Portrait de Picasso » 1947. On y retrouve l’instrument préféré du sujet.

Nous retrouvons ici la mandoline napolitaine à travers d’une peinture d’André Derain (1880-1954): « Arlequin et Pierrot ». La peinture se situe dans le mouvement du le fauvisme. La mandoline revient plusieurs fois comme l’instrument de Pierrot ou d’Arlequin dans des peintures de la fin du 19ième et début du 20ième siècle

« Jeune fille à la mandoline » de Sami Briss. La mandoline continue à se trouver représentée dans l’art contemporain.

Chapitre IV : Evolution de l’enseignement et du matériel de l’instrument.

A) Les plectres

1)  Au 18ième siècle

La plume doit être d’un tuyau d’autruche et taillée de manière qu’elle soit un peu concave à l’endroit ou elle est tenue, mais plate et arrondie à l’extrémité qui touche les cordes.il faut qu’elle soit élastique, c’est-à-dire, quelle soit ni trop dure ni trop  faible, autrement on ne pourrait pas donner de force ni adoucir sont jeu.

.

2)  Au 19ième siècle

On utilise des plumes d’oiseau en guise de plectre, mais vers la fin du siècle  les plectres en écaille, en os, en cerisier, en ébène et en ivoire arrivèrent sur le marché.

.

3)  Au 20ième siècle

De nos jours les plectres les plus utilisés sont un écaille ou en synthétique

.

B) Les cordes

1)  Au 18ème siècle

La corde de Mi est toujours en boyau, le La en boyau ou en laiton, le Ré en boyau ou en laiton mais on trouve aussi des cordes en soie ou en argent. Pour le Sol (note la plus basse) on utilise du boyau, de la soie ou de l’argent filé.

2)  Au 19ième siècle

Le Mi et le La sont en acier fin et le Ré et le Sol en acier filé.

3)  Au 20ième siècle

Mis à part la qualité des cordes, il n’y a pas de différence majeure avec les cordes du 19ième siècle. On utilise toujours des cordes en acier filé plat.

Pour remplacer les cordes en boyau des instruments anciens on utilise de nos jours du nylon pour les cordes des aigus.

Cordes modernes sur une mandoline milanaise

C) Les positions

1)  Au 18ième siècle

D’après l’école de Gabriele Leone : « il faut que la mandoline soit appuyée sur le ventre, qu’elle y soit serrée par le bras droit à deux pouces de poignet, la main élevée de la table à la même distance, le coude en dedans, et que du poignet seul bien dégagé parte tout le mouvement. »

Extrait de la méthode de G. Leone

2)  Au 19ème siècle

A l’époque romantique, il est possible de jouer de la mandoline debout ou assis. La position assise étant préférable pour avoir plus de stabilité.

Position debout : On appuie le corps de l’instrument au dessous du sein droit et on le maintient avec l’avant-bras droit qui doit se poser sur la table d’harmonie pour amener la main à proximité des cordes. La main gauche élève légèrement le manche de l’instrument à hauteur de l’épaule, le coude gauche ne quittant pas le corps. Quand au reste, on se conforme aux indications données pour la position assise
.

extraits de la méthode de R. Calace

Position assise : « Il importe de tenir le corps bien droit. La jambe droite doit être élevée sur un tabouret d’environ 15 centimètres de hauteur, ou bien croisée sur la jambe gauche. Le corps de la mandoline doit reposer sur la jambe droite et être maintenue par le bas de la poitrine et l’avant-bras droit. Entre ces trois points, et soutenue en outre par le bras gauche, la mandoline doit être fixe. 

« Méthode de mandoline » Jean Pietrapertosa

3)  Au 20ième siècle

« Il faut commencer par bien s’assoir : assieds-toi au bord de la chaise pour laisser la place à un chat derrière toi. » 

«  poses les deux pied sur ton repos pied avec le genoux gauche un peu plus haut. »

 « Détends-toi. Cherche un bon équilibre du corps. Les épaules sont détendues, le dos droit, les pieds l’un à coté de l’autre, les genoux légèrement écartés. Place ta peau antidérapante sur tes jambes et contre ton ventre. »

 « Méthode de mandoline » destiné aux enfants par Hosanne COLLET

Les méthodes, les plectres et les techniques utilisés pour enseigner la mandoline ont beaucoup évolué durant les siècles, mais à chaque époque les positions et les techniques varient suivant les pays et surtout suivant la formation de l’enseignant, s’il a eu une formation de conservatoire ou directement au sein d’un orchestre. Cet instrument a connu beaucoup d’évolutions durant les siècles passés, autant de ca forme physique que de la technique, mais il est sûr que son histoire ne s’arrêtera pas de sitôt.